La psychologie biodynamique : les concepts

La psychologie biodynamique est une approche psychocorporelle qui donne la parole au corps.

L’autorégulation

Suite à des traumatismes ou simplement aux conditionnements du système familial ou sociétal, le corps perd peu à peu sa capacité naturelle à s’autoréguler et à digérer les émotions. Cette capacité permet de retrouver un état d’équilibre après une montée en charge due à une stimulation ou un stress physique, psychique ou émotionnel.

Il est donc important de pouvoir réguler régulièrement, c’est-à-dire fermer les cycles. En psychologie biodynamique, on dit « fermer les boucles », une boucle étant un cycle vaso-moteur, ou une journée, une année, une étape de processus, un projet, une quelconque mobilisation, etc.

La psychologie biodynamique cherche à réapprendre cette capacité d’autorégulation, notamment grâce aux massages biodynamiques. Ils permettent d’activer le système parasympathique. Cela se traduit alors par l’activité psychopéristaltique (bruit dans l’intestin), associée à l’activité du système nerveux végétatif autonome. Remettre cette fonction en route, relance la circulation énergétique physique et psychique. La personne sent alors davantage son corps de l’intérieur.

Le noyau sain et la personnalité primaire

« Contrairement à d’autres écoles de pensée, la psychologie biodynamique considère que l’être humain comporte au fond de lui une part saine, positive, joyeuse, qui cherche naturellement à s’exprimer et à partager ses ressentis en confiance. C’est le noyau sain. »[1]

Il est indestructible et donc toujours en soi. Il ne dépend pas de quelque chose ou de quelqu’un d’extérieur. D’un point de vue spirituel, il est en fait le Dieu intérieur qui agit en nous et au delà de nous ; il pourrait s’écrire le noyau saint !

Lorsque la personne est en contact avec son noyau sain, on dit en psychologie biodynamique qu’elle est dans son « bien être indépendant » ou encore dans l’expression de sa « personnalité primaire ». Par opposition, on appelle « personnalité secondaire » la part de la personne adaptée qui vit avec des masques sociaux ou des schémas mis en place enfant pour sa survie et devenus insatisfaisants. Cette part s’est construite pour satisfaire aux attentes extérieures et être aimée. Elle perd le contact avec le noyau sain.

La psychologie biodynamique a pour objectif d’amener la personne à contacter ses ressources, issues de son noyau sain, et à se libérer de ses vieux schémas encombrants de la personnalité secondaire.

L’enfant intérieur

Les différents outils de la psychologie biodynamique peuvent amener la personne à régresser ou à contacter son enfant intérieur, la part de nous qui garde la sensibilité de l’enfant que nous avons été. L’enfant intérieur a lui même une part joyeuse (l’enfant joyeux) et une part blessée (l’enfant blessé). Dans un premier temps, il est nourrissant de reprendre contact avec son enfant intérieur joyeux, parfois oublié. La personne récupère alors ses ressources et son élan vital.

Dans un second temps, dialoguer avec son enfant intérieur blessé permet de repérer les vieux schémas ou stratégies, mis en place inconsciemment pendant l’enfance par survie et devenus insatisfaisants. Mis en conscience et accueillis profondément sans jugement, ils deviennent moins agissants. La personne trouve alors de nouveaux fonctionnements plus adéquats et devient le bon parent pour son enfant blessé.

Avant tout, contacter les ressources

La thérapie en psychologie biodynamique a la particularité de toujours commencer par amener la personne à se consolider, à contacter ses ressources (issues de son noyau sain), à atteindre une certaine capacité d’autorégulation et une certaine sécurité intérieure. Ce n’est qu’ensuite, que la thérapie va naturellement explorer (ou pas) des zones plus profondes, provocantes ou douloureuses.

Les vieux schémas, fonctionnements ou stratégies de la personnalité secondaire, de l’enfant blessé, même s’ils s’avèrent insatisfaisants, sont connus et donc sécurisants. De plus, ils ont eu une utilité dans la construction de la personne. C’est pourquoi, il faut d’abord contacter les ressources, pour ne pas se heurter à des résistances et avoir l’impression de sauter dans le vide, l’inconnu avec de nouveaux fonctionnements à trouver.

Confiance en plus grand que nous, en nos guides

La psychologie biodynamique part du principe que la vie nous porte et sait mieux que nous. Ce principe que quelque chose de plus grand que nous, veille sur nous, est ni plus ni moins qu’un concept spirituelle.

D’une part, le thérapeute se sert de ce principe en ayant confiance dans le déroulé de la séance et dans les cheminements des processus : le thérapeute a foi que la solution va émerger à travers et au delà du client.

D’autre part, la thérapie psychologie biodynamique amène la personne à sentir ce principe, en contactant son noyau sain via ses ressources, des archétypes, un élément de la nature. En effet, par exemple, lors d’un rêve éveillé dirigé, le thérapeute invite parfois la personne à laisser venir une présence soutenante. Cela peut être un guide spirituel, un vieil homme sage, un garant, un ancêtre. Ainsi, la personne peut se sentir accompagnée par l’énergie d’un guide de chair ou de l’invisible. Cela peut être aussi un élément de la nature, comme le soleil ou un grand chêne ; le soleil étant la représentation de l’amour inconditionnel ; le chêne, de la force tranquille. Cela permet à la personne de se sentir soutenue et de recevoir des messages inspirants de ses guides, de quelque chose de plus grand qu’elle. Dans son quotidien, elle peut notamment se rappeler de la présence de ses guides et leur demander de l’aide et tout l’amour, toute la sécurité, et toute la puissance dont elle a besoin. Plus elle se relie à ses guides, plus elle les sent et est aidée. Cela permet aussi de rassurer la personne qui voit apparaître un problème. Si le problème émerge à cet instant, c’est que la solution est déjà là, présente dans l’univers. En gardant confiance, la personne va réellement expérimenter que la vie lui amène une réponse, souvent au delà des imaginations du mental.

La psychologie biodynamique dispose d’un massage pour amener la personne à lâcher le contrôle et à se laisser porter : il consiste à porter la tête de la personne allongée sur le dos, pendant un certain temps (une ou plusieurs dizaines de minutes). Cela entraine un relâchement de tout le corps. Par ce massage ou plutôt ce portage, le message donné aux cellules est de faire confiance à la vie (représentée par les mains du thérapeute) qui soutient le précieux en soi (la tête). La vie nous porte ; elle fait pour nous. C’est la Vie ou l’Amour qui guérit.

C’est l’Amour qui guérit

Le thérapeute avec une attitude accueillante et une présence pleine à soi et à l’autre possède une qualité d’écoute qui permet au client d’être vu, reconnu là où il est, sans jugement aucun, et de s’accueillir lui-même. Le thérapeute met aussi une intention d’Amour dans ses mains lors des massages. Aussi, le client guérit grâce à l’Amour qu’il sent de son thérapeute et en grandissant en Amour pour lui-même. Cet Amour est la reconnaissance du divin en chacun et l’accueil de sa singularité. Ainsi, le thérapeute voit la personne pour ce qu’elle est vraiment : un Etre divin, un Etre de lumière et d’Amour. Gerda Boyesen l’écrit ainsi « Notre rôle en tant que thérapeutes et aussi simplement en tant qu’humains, est d’aider les gens avec qui nous sommes en contact, (…) vers la réalisation des aspects de la Personnalité Primaire qu’ils portent en eux-mêmes (….) La Personnalité Primaire est unique pour chacun, mais commune à tous. Ils ont eux-mêmes à en refaire l’expérience. C’est un travail sacré car les hommes et les femmes sont des êtres sacrés au même titre que les animaux et toute la nature. C’est la création et l’œuvre de Dieu » [2]

Se sentir unifié

Nous n’avons pas à trouver une meilleure version de nous-mêmes, mais plutôt à nous accueillir profondément tels que nous sommes. La psychologie biodynamique permet d’accueillir les différentes parts de nous, notre ombre, notre lumière, notre enfant blessé, etc. Notamment, nous apprenons à être notre propre bon parent pour notre enfant intérieur. Les blessures ressenties par l’enfant intérieur sont là pour nous rappeler qu’il n’a pas démissionné, qu’il veut se sentir en sécurité, aimé et entouré, sans avoir à le mériter. La Vie le lui doit. Il est arrivé pur et Amour et quelque chose en lui s’en souvient. Il veut à nouveau, être en contact avec cet Amour. Il se souvient qu’il est divin, qu’il n’a jamais été séparé de la source. Finalement, il émane de notre part divine dite notre Etre de lumière ou notre Dieu intérieur. L’enfant intérieur est l’Etre de lumière, le noyau sain. Le bon parent est aussi l’Etre de lumière. Tout est unifié.

Ainsi la psychologie biodynamique participe au chemin d’unification recherchée en spiritualité :

On parle de dualité quand on oppose les choses. On les qualifie de bien ou de mal ; on les juge. On cherche à avoir raison, plutôt qu’à être heureux. En spiritualité, les choses ne sont séparées qu’en apparence : toute chose, tout Etre fait partie du Grand Tout. On parle alors d’Unité. Ainsi Dieu est Un. Pour l’humain, le chemin d’unification consiste à se sentir uni à Dieu, n’être qu’Un, en soi et avec le monde. Du point de vue spirituel, on peut considérer que toute névrose vient de la croyance de séparation avec notre Etre de lumière, et donc de l’oubli que la satisfaction de nos besoins est à l’intérieur de nous. L’objectif est donc de « faire mémoire »[3] de notre union à notre part divine.

[1] « Comprendre et pratiquer la psychologie biodynamique » DE BREBISSON, Guillaume et BRAMI, Marc, p. 23, Ed Interéditions, 2018

[2] Extraits de Journal of Biodynamic Psychology n°3, hiver 1982 repris dans « Réveiller l’âme dans le corps, Le Drainage Profond biodynamique, Une méthode de thérapie pyscho-corporelle » D’ENJOY, Alberto et le Groupe de Recherche sur la Conscience Neurovégétative, p.17, Les Ed. Biodynamiques, 2013

[3] La Conférence des évêques de France détaille dans son glossaire, que « faire mémoire, c’est se souvenir, pas seulement se rappeler le passé mais le rendre présent. En célébrant l’Eucharistie, l’Eglise ‘fait mémoire’ du Christ. »
site internet https://eglise.catholique.fr/glossaire/faire-memoire/