La psychologie biodynamique est mise en place, à partir des années 1950 par la psychologue Gerda Boyesen, notamment inspirée par les trois médecins psychiatres Freud, Reich et Jung.
Sigmund Freud (1856-1939)
Sigmund Freud, médecin psychiatre, neurologue et penseur autrichien est le fondateur de la psychanalyse, dont il est le principal théoricien. Freud a exploré le continent de l’inconscient, encore mal connu à la fin du XIXème siècle. Il a conçu l’inconscient comme un système de l’appareil psychique, contenant des représentations refoulées de l’individu.
Wilhelm Reich (1897-1957)
Le docteur autrichien Wilhelm Reich se forme d’abord à la médecine, puis se tourne vers la psychanalyse, qu’il étudie directement avec Freud. Reich, plus dans l’expérimentation démontre la correspondance entre le refoulé psychique décrit par Freud et le corps réprimé. La névrose s’inscrit dans le corps et « s’encapsule » dans la structure musculaire. Reich intervient directement sur le corps au cours du travail thérapeutique, par le biais de divers touchers et mobilisations.
Carl Gustav Jung (1875-1961)
Carl Gustav Jung est un médecin psychiatre suisse, fondateur de la psychologie analytique. Penseur influent, il est l’auteur de nombreux ouvrages et possède aussi une ouverture spirituelle. Il nomme « le Soi », la part divine en soi.
La psychanalyse jungienne dite « psychologie analytique » s’inscrit dans une démarche d’analyse de l’inconscient individuel mais aussi collectif, considérant que le psychisme d’un individu est constitué aussi bien d’éléments de sa vie personnelle, que de représentations faisant appel aux mythes et symboles universels. Jung nomme ces représentations, les archétypes. La psychologie biodynamique utilise la notion d’archétypes notamment lors des rêves éveillés dirigés biodynamiques. Par exemple, le thérapeute invite la personne à sentir l’énergie de l’archétype de « la bonne mère » ou de « la Terre Mère » nourricière afin d’ancrer davantage ses ressources.
On doit aussi à Jung la notion de synchronicité. C’est une coïncidence qui prend soudainement du sens, provoque une émotion forte, est porteuse de transformation et se produit au moment opportun. L’exemple du scarabée tiré de la biographie[1] du psychanalyste est très célèbre. Jung est en consultation avec une patiente très rationnelle qui lui raconte un rêve dans lequel elle reçoit un scarabée. Au même instant, un scarabée se cogne à la fenêtre. Jung prend l’insecte et le dépose sur la table. Cela aurait été une coïncidence banale si la patiente ne s’était pas laissée déstabiliser émotionnellement par cet incident qui n’entrait pas dans son cadre d’explication scientifique du monde et lui permit de s’ouvrir à une dimension plus symbolique et poétique de l’expérience humaine.
Selon Jung, la synchronicité répond à un principe d’agencement de temps qui n’est pas de l’ordre de la cause, mais de la nécessité que quelque chose émerge de l’inconscient et amène une transformation au bon moment. Elle répond à une énergie du cosmos qui agit comme un principe organisateur dans le chaos de la psyché.
Gerda Boyesen (1922-2005)
En créant la psychologie biodynamique dans les années 1950, Gerda Boyesen intègre et concilie les points de vue de Freud, Reich et Jung.
Gerda Boyesen d’origine norvégienne a la particularité d’être à la fois psychologue clinicienne et kinésithérapeute. Elle constate alors que les changements physiologiques entraînent des changements psychologiques. Ainsi, il s’agit de « guérir la névrose avec les mains »[2] car elle comprend que le corps encapsule la charge émotionnelle. Si les fluides liés au processus émotionnel ne sont pas évacués alors ils stagnent dans les tissus et forment ce que Gerda Boyesen a nommé une cuirasse tissulaire. Pour aider à dissoudre la cuirasse tissulaire, elle met au point les massages des membranes qui entourent les os, les muscles et les tissus. => on parle de massages biodynamiques.
La décharge végétative (diarrhées, vomissements, nausées, sueurs, tremblements…), qui agit comme une contrepartie corporelle à une décharge émotionnelle semble tenir une place de choix dans le processus de guérison. Ainsi, les décharges émotionnelles comme crier, taper sur un coussin, ne sont pas nécessaires. « Seule la décharge végétative est nécessaire »[3] pour dissoudre la névrose. => on parle de végétothérapie.
Lors de ses séances, Gerda Boyesen remarque un phénomène récurrent : du bruit dans l’abdomen durant les massages. Elle comprend que la fonction élargie des intestins est d’évacuer les fluides remis en circulation par les massages. Elle nomme cette fonction le psychopéristaltisme. Pour Gerda Boyesen, c’est la voie douce de la décharge végétative et de l’auto régulation émotionnelle du corps.
[1] « Ma Vie. Souvenirs, rêves et pensées » JUNG, Carl Gustav, Ed Broché, 1967
[2] « Entre psyché et soma, introduction à la psychologie biodynamique » BOYESEN, Gerda, Ed Payot, 2018
[3] « Entre psyché et soma » BOYESEN, Gerda, p.68, Ed Payot, 2018